Il est vrai que parfois on me dit bien isolé sur la sente où je me balade.

C'est ainsi que se vit la vie d'un "ermite".

Pas de quoi se faire un problème.

Chose étonnant s'il en est en ouvrant ce dimanche 11 juin 2006 le dit "Le Matin", un quotidien lausannois, je trouve dans ses pages une qui se titre "Pour en finir avec le bouddhisme tisane, coup de balai aux idées reçues sur la philosophie bouddhiste en Occident". Incroyable peut-être, mais vrai !

Je me dois de citer ici quelques passages de l'article en question, article signé par Elisabeth Gilles:

 

 

"Victime de son succès, le bouddhisme va-t-il devenir "un simple produit du cynisme contemporain", s'interroge Fabrice Midal dans "Quel bouddhisme pour l'Occident ?", un ouvrage qui présente cette tradition tout en en faisant la critique. Qu'on soit pratiquant ou non, sceptique ou carrément ricanant, le livre est passionnant.

Quelle différence ya-t-il entre un nouveau canapé, un voyage au Maroc, un cours de Pilates et une séance de méditation ou d'enseignement bouddhiste? Aucune, par les temps qui courent.

Ce sont autant de moyens de se faire plaisir, de se faire du bien ou "d'aller mieux". Il n'y a certes rien de mal à se faire du bien, mais ce que l'auteur de "Quel bouddhisme pour l'Occident" déplore, c'est la confusion des genres.

Fabrice Midal est pratiquant depuis dix-sept ans, enseignant à l'Association Prajna et  Philia (ces termes signifiant "intelligence juste" et "amitié") et auteur de nombreux ouvrage sur cette question entres autres.

Le bouddhisme, dit-il, n'est pas une thérapie du bonheur: "être bouddhiste ne consiste pas à aller mieux, mais à se relier à tous les aspects de son expérience tels qu'ils sont."

Je continue ... peux pas m'empêcher ...

Sous le titre "Davantage qu'un calmant":

"Le développement d'un "bouddhisme tisane" lui semble donc terriblement réducteur. "Il en vient à n'être plus qu'une manière de se calmer à peu de frais, de se protéger du réel en évitant tous les soucis, mais en évacuant en même temps tout ce qui fait la grandeur de l'existence. On est loin de l'aspiration à une vraie transformation de soi et de la société."

Il faut donc, selon lui, faire l'effort de réinterroger le commencement du bouddhisme, pour voir ce qu'il est "en vrai" et abandonner les trop grandes particularités culturelles. Au passage, on peut même se débarrasser de quelques kitscheries tibétaines, accorde-t-il. Après le message du Théravâda en pages précédentes, voilà celui du Zen ...

Quand à la notion de vacuité, si difficile à comprendre pour un Occidental et pourtant si souvent mise avant lorsqu'on présente le bouddhisme, mieux vaudrait ne pas commencer par là. "Nombreux sont ceux qui utilisent ce concept pour fuir la vivacité de leur expérience. Devant leurs épreuves de la vie, la violence de leurs émotions et la détresse propre à notre temps, l'attitude consistant à considérer que "tout est vide de nature" peut aisément servir de prétexte pour échapper à l'intensité et à la gravité de son existence, comme à sa responsabilité."

Qui plus es, Fabrice Midal voit se répandre le "complexe de Peter Pan". Naïfs jusqu'à la béatitude devant la sérénité souriante des enseignants de passage, nous avons parfois tendance à penser que le bouddhisme est décidément joli et bien sympathique: qui pourrait être contre ? "Or il ne s'agit pas d'être calme et souriant quoi qu'il arrive, mais de changer notre façon d'être et de voir. Nous ne sommes pas humains sans y mettre du nôtre."

Pire, perdant tout esprit critique, nous pourrions prendre le premier maître tibétain venu pour un saint. "C'est aussi ridicule que de penser que tous évêques le sont", fait remarquer l'auteur, qui s'inquiète des relations puériles s'établissant parfois avec les maîtres en question. Mais le bouddhisme n'est pas "ce refuge confiné, douillet et protecteur, à l'ombre duquel chacun peut développer en toute quiétude son irresponsabilité".

Allez ... c'est trop bon ....

"L'une des raisons de son développement en Occident - avec une grande ampleur depuis les années 1960 - est qu'il parlait de l'entier de l'existence humaine: psychanalyse, politique, enjeux sociaux, arts. "Il a longtemps été du côté de la contre-culture et de nombreux artistes s'y sont intéressés. Parmi eux, Allen Ginsberg ou Gary Snyder, Jack Kerouac, pour ne citer que quelques écrivains de cette beat generation apparue dans les années 1955-1960 aux États-Unis." Un mouvement contestataire guidé par le souci "de préserver un idéal démocratique visionnaire menacé par la culture de masse et l'individualisme mortifère."

Dense et provoquant:

Si Fabrice Midal a écrit ce livre dense et parfois provoquant, c'est pour interroger la relation entre l'Occident et le bouddhisme et parce qu'il constate, avec beaucoup d'autres pratiquants de longue date, que "quelque chose de la tradition ne passe plus".

Or il croit pourtant cette relation fertile. "Sans l'Occident, le bouddhisme pourrait dépérir, puisqu'il devient en Asie un conformisme social, à l'image du christianisme européen du XIXe siècle. Et c'est grâce aussi à l'Occident que les différents bouddhismes se sont rencontrés, chose qui ne s'était pas produite pendant des siècles."

A l'inverse, la réintroduction dans nos pays de la pratique de la méditation est bénéfique "car celle-ci nous apprend une qualité de présence qui est la dignité de l'homme. Et la tradition bouddhique peut nous redonner confiance en notre propre tradition. Préservant l'expérience directe et anonyme de chacun dans sa grandeur propre, elle distingue avec une grande finesse l'individualisme centré sur lui-même de l'individu ouvert au monde par un travail constant sur lui-même, qui lui permet de se débarrasser du conformisme."

Entre le mouton bêlant et la grenouille coassant des mantras, la voie est donc étroite. Mais chacun est libre de s'y engager et, à en croire Fabrice Midal, le cheminement vaut la peine."

Que dire de plus ? ...

 Lisez ce livre car il doit être bien intéressant !

 

 

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